Un matin d'été, auroral et lumineux. Une brise légère, caresse d'Achakar, effleure ma peau, éveillant les sens. Ce vent d’Est, ce mistral tangérois, fait tournoyer les rêves. Ce Charki murmure à mon oreille : Ô, amant de Tanger. Et mes amis s’allient de concert, sans se concerter, pour me répéter : t’es l’amoureux de la Perle du Nord.
Comment pourrait-il en être autrement ?
Cette ville, déesse des arts, fut magnifiée par les artistes, les poètes et les romanciers qui y trouvèrent leurs inspirations … y retrouvèrent leur âme.
Comment ne pas aimer celle qui recèle mes souvenirs estivaux de l'enfance et de l'adolescence, de l'innocence et de l'insouciance, ces moments de joie pure, ces instants d'enchantement qui demeurent gravés à jamais, tels des inscriptions dans le marbre de ma mémoire ?
Comment ne pas aimer la ville d'amour qui m'a adopté, que j'ai adoptée,
celle où j'ai connu l'amour de ma vie, cet amour qui illumina mon existence ?
Depuis la nuit des temps, tu es bercée par les mythes, les légendes et les sentiments, avant d'être édifiée par les pierres et les hommes.
A Achakar deux mères se rencontrèrent.
De l’enlacement de leurs flots, de l’étreinte passionnée de Hercule et Tinge, naquit Tingis, la perle du Nord, qui inspira artistes et poètes de tous temps.
La poésie, langue du cœur, art sublime qui permet à l'humain de célébrer le divin en lui, n'est-elle pas la langue la plus appropriée pour exprimer l'amour que l'on porte à sa bien aimée ?
Tanger, ô Tanger.
Ya Tingis, ya Tanja al Habiba.
Tanger la bien aimée, Tanger ma bien aimée.
Tanger où j'ai trouvé l’âme sœur, tu es la muse qui inspire, la sirène qui enchante, la déesse qui séduit.
Je t'aime, et je t'aimerai toujours, car tu es la cité de mon cœur, la cité où réside mon âme.
Lorsque la terre appelle, c'est Tanger la Blanche, Tanger la Bleue qui répond, sirène qui éveille mes sens et fait vibrer mon cœur.
C'est pour elle que j'aspire à la traversée du Détroit, cette Mare Nostrum qui nous sépare et nous rapproche à chaque battement de cœur.
C'est pour elle que je respire, que je sois noyé dans la mélancolie des brumes scandinaves ou illuminé par le soleil andalou, car même dans les moments les plus séparés, son souvenir demeure gravé dans mon âme.
Après la lente douleur de son absence, j'attends délicatement le moment des retrouvailles, ce moment où je pourrai à nouveau marcher sur les plages de sable fin, respirer l'air embaumé de son parfum, me perdre dans les ruelles de la médina, à la recherche de l'âme de Tanger.
A la tombée du jour, le soleil vient reposer son âme dans les bras dorlotant d’Achakar.
Murabet

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