Déclaration de Mme Amina Bouayach, Présidente du Conseil national des droits de l’Homme du Royaume du Maroc Débat biennal de Haut niveau sur la peine de mort
Thème : violations des droits de l'homme liées à l'application
de la peine de mort, en particulier en ce qui concerne le point de savoir si
l'application de la peine de mort a un effet dissuasif sur le taux de
criminalité
46ème session du Conseil des droits de l’Homme
23 février 2021 – 3 min
Monsieur
le Président
Réaffirmant
que la peine de mort, une des atteintes les plus graves au Droit à la Vie, ce droit originel,
suprême et absolu sans lequel aucun Droit, aucune Liberté, aucune Justice ne
peut exister ;
Saluant le combat de
longue date des défenseurs des Droits de l’Homme au Maroc, contre la Peine de
Mort, qui ne tient ni à une certaine idéologie ou culture, ni au dogmatisme
d’un esprit quelque conque ;
Considérant
l’article 20 de la Constitution du Royaume qui ne prévoit aucune exception au
droit à la vie, mais, en sus, le législateur a l’obligation constitutionnelle
de le protéger de toute atteinte ou infraction ;
Le CNDH plaide, ainsi, contre l’argument
souvent utilisé par certains responsables politiques pour ne pas abroger la
peine de mort en se justifiant par l’hostilité de l’opinion publique à une
telle mesure.
Selon le CNDH,
Il n’y a pas de facteurs socio-culturels propres à la société marocaine qui
justifieraient la prise en compte d’une quelconque spécificité concernant
l’abolition de la peine capitale.
Le CNDH a
adopté de manière constante une position claire et affirmée pour l’abolition,
telle sa recommandation au parlement relative au projet du code pénal.
Il a,
également, appelé en décembre dernier le gouvernement marocain à voter la
résolution de l’Assemblée générale relative au moratoire universel.
Le CNDH assure
le suivi et la protection des droits des condamnés à mort, en effectuant des
visites régulières.
Il mène une
action dynamique également au sein des réseaux des INDH pour abrogation universelle
de la peine capitale.
Le CNDH anime le dialogue national, apporte, également, un soutien
constant aux ONG, aux réseaux d’avocats, des journalistes, d’enseignants et des
parlementaires contre la peine de mort.
Le
CNDH et les abolitionnistes, Mr le Président, sont convaincus que la peine de mort n’a aucune efficacité de réduction
de crimes. A l’inverse, l’application de celle-ci ne fera que provoquer le
sentiment d’injustice le plus profond et une soif, jamais inassouvie, pour la
brutalité et la violence
Bien qu’elle soit,
insistons-y, non-dissuasive et inefficace, la peine de Mort ne règlera en rien
les problématiques de crime.
Le CNDH considère que l’élimination
de la personne ne rendra pas justice aux familles des victimes d’homicide et ne
confortera pas la société dans son combat contre la violence
Pour le CNDH, abolir la
peine de mort, c’est protéger le premier droit, des droits humains.

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