Communiqué de la Coalition Printemps de la Dignité Sur la tentative de viol collectif dans un autobus à Casablanca
Dans un autobus urbain
appartenant à la Société « M'dina Bus » à Casablanca, un groupe de
jeunes mineurs ont agressé sexuellement unejeune fille et auraient tenté de la
violer, devant des passager(e)s et un conducteur qui ne lui été d’aucun
secours, malgré les cris et les implorations de la victime et les
manifestations hystériques des agresseurs, pendant que l’un d’entre eux filmait
cet atroce « spectacle » avec son téléphone.
Trois mois après cet
acte collectif ignominieux, l’apparition de l’enregistrement sur les réseaux
sociaux
a provoqué une vague d’indignation de la part de citoyen(ne)s et de la société civile telle que la Société « M'dina Bus » accusée, à travers le conducteur, de non-assistance à personne en danger s’est sentie obligée de publier un communiqué sibyllin pour se dédouaner faisant état d’enquête interne, comme s’il s’agissait d’un banal incident professionnel. Or, le silence de ce concessionnaire de la Ville de Casablanca qui n’a pas informé les autorités compétentes ce cet acte gravissime confirme, s’il en était besoin, la duplicité collective et la banalisation du harcèlement et de la violence dont sont victimes les femmes dans l’espace public. Mais cela ne saurait expliquer ni, encore moins, justifier l’attitude condamnable des « spectateur(e)s », dont le conducteur de l’autobus.
a provoqué une vague d’indignation de la part de citoyen(ne)s et de la société civile telle que la Société « M'dina Bus » accusée, à travers le conducteur, de non-assistance à personne en danger s’est sentie obligée de publier un communiqué sibyllin pour se dédouaner faisant état d’enquête interne, comme s’il s’agissait d’un banal incident professionnel. Or, le silence de ce concessionnaire de la Ville de Casablanca qui n’a pas informé les autorités compétentes ce cet acte gravissime confirme, s’il en était besoin, la duplicité collective et la banalisation du harcèlement et de la violence dont sont victimes les femmes dans l’espace public. Mais cela ne saurait expliquer ni, encore moins, justifier l’attitude condamnable des « spectateur(e)s », dont le conducteur de l’autobus.
Immédiatement après la
publication de l’enregistrement de la « horde » des jeunes agressant
la jeune femme, qui s’est avérée en situation d’handicap mental, les services
de la Police Judiciaire ont interpeller les présumés coupables, dans le
Quartier de Bernoussi, un des lieux de la capital économique où se concentrent
précarité, marginalisation et déviation sociale.
De leur côté, certains
médias électroniques se sont saisi de cette affaire sordide et humainement
inadmissible pour en faire un sujet de « buzz ». Au lieu de
contribuer à la sensibilisation aux droits des femmes et à l’analyse
sociologique et politique des conditions qui génèrent ce type d’agressions et
le comportement passif des citoyen(ne)s, ils ont usé de toutes formes de
voyeurisme et de pratiques contraires à l’éthique pour contribuer à la
banalisation de ces actes et à la dépréciation de « la femme ».
Nous, individus, associations et
collectifs, adhérents à la « Coalition Printemps de la
Dignité » :
· Condamnons fermement
l’agression sexuelle dont a été victime la jeune fille dans l’autobus de la
Société « M'dina Bus » à Casablanca ;
· Exprimons notre totale
solidarité avec elle et ses proches, en cette éprouvante situation ;
· Exprimons notre
volonté à l’accompagner par tous nos moyens dans la recherche de réparation ;
· Confirmons notre
colère et notre protestation contre la terrifiante absence de sureté dans
l'espace public ;
· Exigeons l’application
stricte et rigoureuse de la loi aux auteurs de cet acte odieux et à toutes
personnes morales et physiques impliquées directement ou indirectement dans
cette agression ;
· Considérons que ce
crime odieux confirme l'absence de protection efficace juridique et
institutionnel des femmes victimes de violence et d'agressions sexuelles récurrentes
dans les espaces de toutes les villes du Maroc et nous tenons l'Etat dans
toutes ses composantes responsable de l'exacerbation de ces agissements ;
· Considérons que les
raisons profondes de ces actes tient des politiques publiques erronées
appliquées dans notre pays en matières d’éducation et de l’impact de la
généralisation des discours et dans actes misogynes avilissant la femme ;
· Refusons fermement
l’utilisation jubilatoire et grotesque à but commercial par certains médias,
des agressions et des actes de viols contre les femmes ;
· Rappelons que les
obligations internationales de notre pays en ce qui concerne la protection des
droits de l'homme dans le concept d'universel, de la lutte contre la violence
contre les femmes et de la situation des personnes en situation d’handicap
doivent être appliquées suivant une approche éclairée et être reflétéesconcrètement
dans les politiques publiques ;
· Réitérons notre appel
à une révision profonde et immédiate du Code Pénal, de manière à assurer la
protection des libertés individuelles et assurer la sécurité des citoyen(ne)s
sans discrimination en raison du sexe, en introduisant des dispositions
spécifiquesconcernant la violence contre les femmes dans l'espace public et
privé ;
· Réitérons notre
revendication de révision de la loi 103-13 en tenant compte des Observations et
des propositions du mouvement des femmes présentées dans le mémorandum de la « Coalition
Printemps de la Dignité » ;
· Considérons que la
tentative de viol collectif subiedans l’autobus par la jeune fille à Casablanca
constitue une nouvelle et forte alerte pou les femmes en général et pour les
femmes en situation d’handicap, en particulier, ce qui nécessite l’adoption
d'une approche globale de la lutte contre la violence faite aux femmes ;
· Appelons au lancement
d'une campagne nationale de sensibilisation et de mobilisation contre la
violence faite aux femmes, dans laquelle le gouvernement doit prendre toute sa
responsabilité, en coordination avec la société civile.
« Coalition Printemps de la Dignité »
pour une législation qui protège les femmes contre la discrimination et la
violence
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